Historique de l’organisation

Le NGCC Amundsen est le seul brise-glace de la Garde côtière canadienne entièrement équipé pour la science et est considéré comme le fleuron des navires de recherche au Canada. En procurant aux chercheurs canadiens et leurs collaborateurs internationaux un accès sans précédent à l’océan Arctique, le navire a été un acteur clé dans la revitalisation des sciences arctiques canadiennes. Les modifications du navire et l’équipement scientifique acquis au fil des années en font une plateforme polyvalente pour les océanographes, climatologues, géologues marins, et épidémiologistes et professionnels de la santé étudiant les communautés nordiques.

 

Les expéditions scientifiques du NGCC Amundsen représentent :

  • Plus de 2,200 jours en mer
  • Plus de 250 000 miles nautiques, ou environ 12 fois la circonférence de la terre
  • Plus de 1,600 participants aux expéditions
  • Provenant de toutes les provinces et territoires du Canada et de plus de 20 pays
  • Plus de 45 programmes scientifiques à bord
  • Plus de 1350 publications révisées par les pairs
  • Plus de 2500 présentations orales et affiches scientifiques
  • Plus de 400 jeux de données, toutes disciplines confondues

2020-21

Regard vers l’avenir

Grâce au fonds ISM de la FCI et au support continu de la Garde côtière, l’Amundsen est devenu le navire de recherche le plus important au Canada en soutenant de nombreux programmes de recherche multidisciplinaires dans les eaux englacées du Saint-Laurent jusqu’à celles de l’océan Arctique. Parallèlement, le brise-glace, maintenant âgé de plus de 40 ans, requière des périodes d’entretien et de réparations prolongées qui peuvent affecter sa disponibilité pour la science. Conséquemment, Amundsen Science travaille à préserver la capacité de recherche dans les eaux arctiques de deux façons, soit en s’assurant du maintien de l’Amundsen et de son parc d’équipements scientifiques aptes aux expéditions scientifiques, et ainsi qu’en poursuivant les efforts auprès des autorités du gouvernement fédéral pour développer un plan de remplacement de l’unique brise-glace de recherche au Canada.

2018-19

Diversification

Pour la première fois, des expéditions hivernales opportunistes sont organisées sur la voie maritime du Saint-Laurent dans le cadre du programme Odyssée Saint-Laurent du Réseau Québec Maritime (RQM).

Le projet longuement attendu, BaySys dirigé par l’université du Manitoba, est finalement complété, puis un projet d’exploration sous-marine utilisant le véhicule télécommandé (ROV) et visant les écosystèmes marins vulnérables du sud de la baie de Baffin est appuyé en collaboration avec le programme européen ATLAS-EU d’Horizon 2020. De nouvelles collaborations entre Amundsen Science, le milieu académique et le Département de pêches et océans Canada tels que le programme des Études intégrées et caractérisation des écosystèmes des grands fonds marins de la mer du Labrador (ISE-COLD), l’Approche fondée sur les connaissances et les écosystèmes dans la baie de Baffin (KEBBAB), et le Programme de monitorage de la zone Atlantique au large du plateau continental (PMZAO) voient également le jour et contribue au succès des expéditions scientifique du NGCC Amundsen. Les expéditions annuelles du réseau ArcticNet continuent et se diversifient grâce à de nouveaux sous-projets portant sur l’étude des glaciers, des flux biogéochimiques, de la faune et de la flore.

 

En 2019, la FCI octroie 4.5M $ supplémentaire pour la mission scientifique du navire offrant aux utilisateurs scientifiques du temps de navire supplémentaire et un support technique amélioré. En plus de faciliter l’accès aux utilisateurs académiques, la nouvelle subvention permet le remplacement de systèmes qui ont atteint la fin de leur vie utile, incluant le véhicule télécommandé (ROV) utilisé pour explorer les écosystèmes des fonds marins, le sonar multifaisceaux permettant de cartographier le relief des fonds marins ainsi que l’échosondeur EK60 permettant d’étudier le plancton et les poissons.

2017

Succès et défis

Le financement ISM de la FCI pour l’opération et la maintenance de l’Amundsen est renouvelé pour cinq autres années à hauteur de 18.2 M $. En juin, le premier segment de l’expédition 2017, dédié au programme BaySys dans la baie d’Hudson, est annulé due aux conditions de glace inhabituelle proche des côtes de Terre-Neuve. L’Amundsen est appelé en renfort pour porter assistance aux communautés locales et supporter des opérations de déglaçage, d’escorte et de recherche et sauvetage. BaySys sera réalisé l’année suivante.

À la fin de l’été 2017, l’enquête santé inuit Qanuilirpitaa? (How are we now?/Comment allons-nous maintenant) est lancé . Ce projet de grande ampleur fait suite à l’enquête de 2004 Qanuippitaa? et permet la compilation de multitude de données qui serviront à améliorer la santé et le bien-être des communautés du Nunavimmiut.

2016

De nouveaux projets significatifs

L’Amundsen appuie supporte un programme innovant, Green Edge, en mer de Baffin. Green Edge rassemble des experts internationaux en optique marine et en écologie afin de mieux comprendre l’efflorescence printanière du phytoplancton et en prédire sa variabilité dans l’océan Arctique de demain. Des profileurs Bio-Argo adaptés aux conditions arctiques sont déployés. Outre les programmes Green Edge et ArcticNet, d’autres projets utilisent l’Amundsen tel que l’étude sur l’écosystème marin de la région Kitikmeot et l’Observatoire intégré de la mer de Beaufort (iBO) parrainé par le Fond pour l’étude de l’environnement du Gouvernement du Canada (ESRF), ainsi qu’un projet dédié sur l’écologie des coraux profonds de la mer du Labrador et de la baie de Baffin et supporté par le véhicule télécommandé (ROV) de l’Amundsen. Le navire supporte des opérations scientifiques en mer pendant 125 jours.

2015

Incorporation d’Amundsen Science

Pour donner suite aux recommandations du panel d’experts rassemblés par la FCI pour évaluer l’Amundsen lors du concours ISM, le programme scientifique du NGCC Amundsen est incorporé et devient une organisation à but non lucratif sous le nom ‘’Amundsen Science’’. La gouvernance et la gestion de l’Amundsen atteint celle d’une infrastructure de recherche. La même année, l’Amundsen est mobilisé pour une collaboration entre ArcticNet et la corporation de recherche et développement de Terre-Neuve et du Labrador. Le projet collecte des données scientifiques et effectue des essais terrain sur des technologies clés permettant de faire face aux risques liés à la dérive des glaces et de répondre aux exigences de l’industrie de navigation pour les opérations en haute mer et en eau froide.

2013-14

Consolidation de la plateforme de recherche

L’Amundsen reçoit 7,2 M $ du fonds des Initiatives Scientifiques Majeures (ISM) de la FCI pour la consolidation des opérations et la maintenance du navire et de son parc d’équipements scientifiques pour la période 2014-2017. L’équipe technique s’agrandit avec l’embauche de professionnels hautement qualifiés en instrumentation océanographique. La maintenance préventive devient le mot d’ordre. Des essais en mer sont organisés avant chaque départ pour l’Arctique afin de permettre à l’équipage et aux scientifiques de tester les équipements et de s’entrainer à leur déploiement.

Le réseau international sur le Climat et les Aérosols des Environnements Éloignées (NETCARE) mobilise l’Amundsen pour étudier le système climatique arctique et les particules atmosphériques. En septembre 2014, l’Amundsen navigue jusqu’en mer des Tchouktches pour un projet en collaboration avec l’Agence Japonaise sur les Science et Technologie Marine et Terrestre (JAMSTEC).

2012

Reconnaissance nationale

En 2012, le NGCC Amundsen est en cale sèche pour des réparations majeures sur ses moteurs et ne peut accueillir de missions scientifiques.

Au mois de mars de la même année, le NGCC Amundsen est choisi pour illustrer le nouveau billet Canadien en polymère de $50. Cet honneur est un indicateur spectaculaire de l’importance du brise-glace et de la recherche accomplie à son bord pour le Canada. En décembre, des centaines de personnes visitent le navire lorsqu’il est accosté au port de Montréal lors de la Conférence de l’API 2012 ‘’De la connaissance à l’action.’’

2009-11

Focus sur la mer de Beaufort

En réponse à l’octroi de licences d’exploration pétrolières et gazières au large de la mer de Beaufort par le gouvernement du Canada, le réseau ArcticNet conclut entre 2009 et 2011 des ententes de partenariat avec l’industrie pour accroître les données techniques et scientifiques dans cette région. L’Amundsen supporte alors des études relatives à la stabilité des fonds océaniques, au régime de la glace de mer et à l’importance écologique des zones ciblées. Ces partenariats génèrent une mine d’information inédite sur l’environnement extracôtier, mais, fait à noter, un moratoire sur le développement pétrolier dans les eaux arctiques a depuis été mis en place par le gouvernement. En 2009, l’Amundsen entreprend un ambitieux voyage autour de l’Amérique du Nord et transite via le canal de Panama et le détroit de Béring pour atteindre la mer de Beaufort au début juillet. L’Amundsen supporte également des programmes académiques d’importance tels que les programmes Mackenzie Light and Carbon (MALINA), AIP-Geotraces, le Canadian Healthy Oceans Network (CHONE), ainsi qu’une étude préliminaire pour le programme BaySys en Baie d’Husdon.

2007-08

L’Année Polaire Internationale (API)

La composante canadienne de l’Année Polaire Internationale (API) 2007-08 offre l’opportunité de mener un second hivernage en mer de Beaufort. Après le succès de CASES en 2003-04, l’étude du système du chenal de séparation circumpolaire (Circumpolar Flaw Lead (CFL) System Study) cible les changements physiques et biologiques d’un étroit chenal de glace de mer très mince ainsi que dans les polynies qui y sont interconnectées. L’aspect unique de cette mission est la mobilité du navire malgré les conditions hivernales. L’expédition de 2007-08 dure 15 mois et soutient d’autres projets faisant partie de la composante canadienne API tel que l’étude Surface-Ocean Lower Atmosphere Study (SOLAS) et la seconde enquête santé Inuit Qanuippitali? (How about us?/ Et nous?).

2006

Nouvel équipement scientifique

Le parc d’équipement scientifique du NGCC Amundsen continue de s’accroître grâce à une contribution de 6,6 M $ de la FCI provenant de son Fond de l’avant-garde et d’une contrepartie des gouvernements du Québec et du Manitoba totalisant 4,3 M $. Cette subvention permet la mise à niveau et l’achat de nouveaux équipements scientifiques, et ancre le NGCC Amundsen dans la communauté scientifique comme plateforme de recherche de pointe pour étudier l’Arctique en mutation. Le réseau ArcticNet mobilise le navire pour une seconde expédition de 84 jours couvrant la baie de Baffin jusqu’à la mer de Beaufort.

2004-05

La naissance d’ArcticNet

Après l’expédition CASES, le programme fédéral des Réseaux des Centres d’Excellence octroie des fonds pour la création d’ArcticNet, le tout premier réseau de recherche arctique au Canada réunissant la meilleure expertise en sciences naturelles, sociales et de la santé. Le NGCC Amundsen devient la principale plate-forme marine du réseau, permettant une expédition complète de 84 jours en 2005 dans l’ensemble de l’Arctique canadien. Depuis lors, des expéditions ArcticNet à bord de l’Amundsen ont lieu chaque année et se poursuivront au cours des années à venir. Après plus de 15 ans, le succès d’ArcticNet et du brise-glace de recherche Amundsen repose sur l’existence de chacune des deux entités.

2003

Baptême et première expédition

Le 26 août 2003, le nouveau brise-glace de recherche est rebaptisé NGCC Amundsen en l’honneur de l’explorateur arctique Roald Amundsen et de son expédition pionnière dans le passage du Nord-Ouest amorcée cent ans plus tôt. Le navire célèbre une vision canadienne renouvelée pour comprendre les environnements uniques et spectaculaires de l’Arctique, le tout dans un esprit de collaboration internationale. En septembre, l’Amundsen part pour sa première expédition scientifique et hivernale CASES (348 jours en mer de Beaufort), suivi par l’enquête santé Qanuippitaa – How are we?/Comment allons-nous? (42 jours au Nunavik), pour un total de 390 jours en mer.

2002

Opportunité

En réponse à la proposition d’un consortium de 34 universités canadiennes et de 14 ministères fédéraux, une subvention de 27,5 M $ de la Fondation Canadienne pour l’Innovation (FCI) est attribuée à l’Université Laval pour la modernisation scientifique du NGCC Sir John Franklin, et pour l’acquisition d’un parc d’équipements scientifiques diversifié. Une contribution substantielle (> 5 M $) de Pêches et Océans Canada – Garde côtière permet d’apporter des modifications au navire afin de créer des espaces de laboratoire et de recevoir du matériel scientifique de pointe.

1997-2001

Motivation

Les régions polaires sont considérées comme étant le baromètre du réchauffement climatique. Des efforts internationaux pour mieux comprendre l’impact des changements climatiques sur le système arctique prennent forme. La recherche multidisciplinaire devient essentielle pour évaluer les liens entre l’atmosphère et la variabilité de la glace de mer, les écosystèmes, et les conséquences sur la santé et le bien-être des populations humaines. Pour donner suite au succès du programme international North Water Polynia dans le nord de la baie de Baffin, un projet ambitieux, le Canadian Arctic Shelf Exchange Study (CASES), est mis sur pied pour étudier la variabilité de la glace de mer et les flux de carbone dans la mer de Beaufort sur un cycle annuel entier. Cependant, le projet est menacé dû au manque de brise-glace approprié pour mener une telle étude.

1979-1996

Les débuts du navire

Avant d’être modernisé à des fins scientifiques en 2003, le NGCC Amundsen opère sous le nom de Sir John Franklin. Le navire est construit en 1979 puis sert la Garde côtière canadienne sur la côte Est et dans les eaux arctiques les plus septentrionales jusqu’en 1996. Il est ensuite considéré comme superflue et est décommissionné en 2000.